Le 13 décembre à la Cité des Sciences de la Villette ont été remis les grands prix de l'innovation de la ville de Paris. Cinq nominés avaient été retenus dans la catégorie des éco-innovations parmi lesquels Heliotrop qui décroche le prix. A noter aussi le prix remis à Ethera pour son capteur de pollution de l'air intérieur.
Les cinq nominés de la catégorie Eco-Innovation pour la finale du concours 2010 de l'innovation de la ville de Paris couvraient cinq domaines prioritaires de l'environnement pour les années à venir : la chimie verte et les technologies propres, le stockage de l'énergie, les énergies renouvelables et le bâtiment à faible empreinte carbone.
C'est finalement Heliotrop qui décroche le prix 2010. Cette jeune entreprise développe et fabrique des systèmes solaires photovoltaïques à concentration, en partenariat avec le CEA et l'INES (institut national des énergies solaires). L'objectif est de se positionner sur ce créneau de marché promis à un bel avenir avec une solution compétitive au plan économique et technique (système à haut-rendement).
Autre lauréat à mettre en avant, mais cette fois-ci dans la catégorie Santé/Biotech, la jeune société Ethera qui répond à des besoins dans le domaine du diagnostic de l'air intérieur, avec des capteurs simples d'utilisation. Ces capteurs novateurs mettent en oeuvre de nouveaux matériaux qui vont fixer les composés volatils de l'air (avec une sélectivité définie, par exemple sur le formaldéhyde) et changer de couleur en leur présence, permettant d'estimer le niveau d'exposition au polluant puisque la variation de couleur du matériau est proportionnelle à la concentration en COV.
Rappelons aussi la qualité des autres finalistes. Toujours dans les énergies, mais cette fois-ci répondant à l'enjeu du stockage, la société EasyU était finaliste pour un programme baptisé City Power qui vise à offrir une gamme de batteries innovantes et des prestations de maintenance pour les éco-applications urbaines (véhicules électriques 2 et 4 roues, équipements solaires et éoliens dans les éco-quartiers etc.). Un des objectifs est de mettre en place un service Velib' électriques 100 % solaires. L'énergie était encore concernée par le projet de la société Système Bois massif basée à Chatou qui a développé un système constructif bois qui permet de s'attaquer au marché du bâtiment de grande hauteur, jusqu'à 8 niveaux, avec des modules préfabriqués basse consommation, et montés très rapidement sur les chantiers.
Dans le domaine des technologies propres et de la chimie verte, deux finalistes sont aussi à retenir. Le premier, Nautic Innovation, est l'un des nombreuses solutions nouvelles qu'on voit émerger sur le marché pour obtenir un effet anti-fouling sur les coques de bâteaux, sans nuire à l'environnement. La spécificité de cette offre est d'être un film plastique anti-adhésion inerte chimique qui s'applique sur la coque (formulation différente sur les parties émergées et immergées). Le film immergé est notamment constitué de deux couches de plastique co-extrudé hydrophobe de la même famille dont la face extérieure améliore l'anti-accrochage, l'hydrophobie et facilite son nettoyage avec des additifs biosourcés. Une fois usagée, cette couche se recycle. La deuxième technologie propre relève elle plutôt de la chimie verte et était portée par la jeune société Biophys Solution. Cette PME met en oeuvre un procédé unique, basé sur un champ électromagnétique, qui modifie le pouvoir solubilisant de l'eau et permet ainsi de mettre en solution des principes actifs sans utiliser de solvants dangereux et en réduisant l'usage de tensio-actifs. Cette démarche est très utile en cosmétique par exemple pour augmenter le taux de principe actif dans les produits et faicliter leur assimilation, mais elle constitue aussi une voie très prometteuse pour l'extraction propre de principes actifs, notamment dans les plantes.