
Energie
L'énergie perdue, le gisement majeur de l'avenir
L'étude Ecoheat4EU, relayée par l'association Via Séva, chiffre le gisement d'énergie fatale inexploitée en Europe. Un gisement qui représente plus de la moitié de l'énergie primaire européenne et que les réseaux de chaleur (ou de climatisation) sont les plus à même d'exploiter.
La chaleur fatale issue des procédés industriels ou présente dans certains environnements (serveurs informatiques, eaux usées..) constitue un gisement auquel s'intéressent de plus en plus les responsables de l'énergie en entreprise ou en collectivités. Les exemples de valorisation commencent à se multiplier avec des innovations permettant cette récupération de chaleur et sa valorisation (ORC, échangeur sur eaux usées, simple récupération pour des usages en séchage, stockage temporaire etc....). Il y a donc incontestablement une prise de conscience du potentiel de cette source d'énergie. Mais le chiffrage de ces énergies fatales inexploitées est sans doute insoupçonné. D'où l'intérêt de l'étude Ecoheat4EU, réalisée par Eurheat & Power (association internationale des réseaux de chaleur) dans 14 pays européens (dont la France). Celle-ci fait ressortir que près de 500 milliards d'euros d'énergie restent inexploités en Europe chaque année. C'est donc l'équivalent de 1000 € par an et par citoyen européen. En données énergétiques, ce gisement de chaleur perdue (procédés industriels, serveurs informatiques, eaux usées, traitement des déchets...) est équivalent à plus de la moitié de l'énergie primaire disponible en Europe. De fait, le chiffrage de ce potentiel ouvre des perspectives nouvelles pour développer des stratégies énergétiques nouvelles, capables d'intégrer plus intensément ces énergies fatales dans le mix énergétique, leur utilisation n'engendrant par définition aucune émission supplémentaire. Et dans ce contexte, la solution du développement des réseaux de chaleur et de froid semble l'un des plus pertinents, si ce n'est le plus évident, étant capable d'utiliser à grande échelle la récupération des énergies disponibles. Les réseaux de chaleur sont d'ailleurs engagés depuis longtemps dans la diversification de leur approvisionnement et par l'introduction des énergies propres dans leurs ressources (chaleur des déchets, biomasse, géothermie et même solaire thermique - voir l'exemple .....). Les 450 réseaux en France utilisent ainsi 31 % d'énergies renouvelables, soit une hausse de 17 % depuis 2005, et se sont fixés l'objectif de 50 % d'ici 2020. Cela dit, le déploiement des réseaux de chaleur en France reste à la traîne de nos voisins européens, avec seulement 6 % de la population desservie par un réseau de chaleur contre plus de 30 % en moyenne à l'échelle européenne. Pour l'association Via Séva, qu représente un lieu de rencontres entre les gestionnaires de réseaux de chaleur, les collectivités territoriales, les organismes publics, les industriels, équipementiers et bureaux d'études et usagers, l'opportunité offerte par le gisement d'énergie fatale, notamment issu de sites en grande quantité, doit être saisie pour redynamiser la stratégie de mise en place des réseaux de chaleur et de froid en France.
Publié le 23 avril 2012 18:33:06
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